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Fanfic HP : Moi Keera, sans espoir ni avenir

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Bonjour à tous et à toutes !

Alors, autant commencer tout de suite par une petite explication : une "fanfic HP", c'est quoi ? La plupart d'entre vous doivent le savoir (sinon vous ne seriez pas là!), mais pour ceux qui m'ont trouvé par hasard, je vais éclaircir un peu :

Une fanfic, ou plutôt fanfiction, est une histoire qui se déroule dans un univers déjà existants et/ou avec des personnages déjà existants. Et HP, c'est l'abréviation d'Harry Potter.

Bien sûr, ce n'est pas franchement original, mais j'avais envie de partager mes personnages avec un public plus large que ma famille, et les lecteurs de HPF (Héros de Papier Froissé, où je continue de publier ma fanfic), mais aussi de compléter mon univers avec des illustrations, des fiches de personnages, des théories, ...

Sinon, pour parler un peu de moi, je ne dirais qu'une seule chose : mes personnages préférés sont Peeves, Colin et Neville. Donc c'est normal si ils bénéficient d'un léger favoritisme :)

Bonne lecture à tous !

Bonjour à tous et à toutes !

Alors, autant commencer tout de suite par une petite explication : une "fanfic HP", c'est quoi ? La plupart d'entre vous doivent le savoir (sinon vous ne seriez pas là!), mais pour ceux qui m'ont trouvé par hasard, je vais éclaircir un peu :

Une fanfic, ou plutôt fanfiction, est une histoire qui se déroule dans un univers déjà existants et/ou avec des personnages déjà existants. Et HP, c'est l'abréviation d'Harry Potter.

Bien sûr, ce n'est pas franchement original, mais j'avais envie de partager mes personnages avec un public plus large que ma famille, et les lecteurs de HPF (Héros de Papier Froissé, où je continue de publier ma fanfic), mais aussi de compléter mon univers avec des illustrations, des fiches de personnages, des théories, ...

Sinon, pour parler un peu de moi, je ne dirais qu'une seule chose : mes personnages préférés sont Peeves, Colin et Neville. Donc c'est normal si ils bénéficient d'un léger favoritisme :)

Bonne lecture à tous !

Un groupe de premières années, Gryffondors et Serpentards mélangés, attendaient calmement devant la porte du cachot que le professeur Rogue leur dise d'entrer. Parmi eux, Astarus Moldubec, élève de serpentard, se pavanait bêtement des talents de chanteuse de sa tante – dont il n'avait malheureusement pas hérité – et Bedwyr Cuzon l'écoutait avec une attention presque comique, ouvrant de grands yeux ronds chaque fois qu'il lançait une petite note en l'air, comme ça. Bien sûr, quiconque connaissait bien Bedwyr aurait immédiatement compris qu'il se moquait de lui, ce qui fit d'ailleurs bien rire Elisa et Fanny Homwells, deux jumelles elles aussi à Serpentard.

La porte s'ouvrit alors et les élèves entrèrent, s'asseyant un peu au hasard, serpentards avec serpentards, gryffondors avec gryffondors, sauf deux, puisqu'ils se trouvaient dans le cas assez désavantageux d'un nombre impair dans chaque camp et d'un nombre total de tables très justement comptabilisé. Ainsi peut-on expliquer ce qui amena Bedwyr Cuzon et Colin Crivey a s'assoir l'un à côté de l'autre la première fois.

- Ouvrez vos livres à la page 242, demanda Rogue sans plus prêter attention aux élèves apeurés assis face à lui.

Bedwyr tira son manuel face à lui en soupirant. La page 242 était celle d'une potion trop simple, trop banale pour avoir un réel intérêt pour lui. Il en était persuadé, car il avait passé tellement de temps à lire des livres sur l'art des potions tant qu'il était chez lui, qu'il en était venu à apprendre par cœur celui qui allait le suivre pendant plus d'une année à Poudlard.

- Qui peut me donner les deux principaux effets de la potion de Rasadée, lorsqu'elle est correctement préparée ?

Bedwyr hésita un instant, puis leva timidement la main.

- Oui, Mr Cuzon ? Interrogea Rogue, satisfait que ce soit un serpentard – enfin ! - qui ait une solution à proposer.

- Elle … elle a un effet euphorisant, répondit le petit garçon. Et aussi, elle donne des couleurs à celui qui la boit.

- 10 point pour Serpentard, conclut le professeur de potion avec satisfaction. Mais mal préparée et utilisée à outrance – il eut un sursaut de dégoût que personne ne comprit – elle rend celui qui la boit agressif envers lui-même et son entourage. Il faut donc connaître l'exact dosage, tant dans la composition que dans la quantité à ingurgiter.

Il donna un coup sec avec sa baguette sur la tableau, et l'énoncé de la potion apparu. Aussitôt, les élèves se mirent à farfouiller dans leur nécessaire à potion, et bientôt les chaudrons fumèrent.

- Dis, tu sais comment on fait pour que la naptaline ne sautille pas ?

Bedwyr jeta un coup d'oeil amusé à son voisin, qui lui avait parlé en chuchotant, les yeux rivés sur Rogue qui arpentait les rangées.

- Donne leur un bon gros coup de pouce sur le crâne.

- T'es sûr ?

Le jeune serpentard acquiesça, et, pour appuyer son explication, assomma l'une de petites boules sautillantes avec son pouce. Aussitôt, elle s'immobilisa sur la table et Bedwyr la jeta dans son chaudron.

- Wha ! Merci, souffla Colin.

Ils continuèrent leur préparation : celle de Bedwyr avait pris une teinte rose foncée, et celle de Colin était devenue rose saumon. Une désagréable odeur de putois trainait du côté de la table des jumelles Homwells, dont les chaudrons laissaient tous deux échapper un filet de fumée âcre. Rogue passa entre les tables, jetant un coup d'œil aux chaudrons fumants. Il retroussa le nez de dégoût à la vue de celui des deux filles de serpentard, qui échangèrent un sourire déçu lorsqu'il leur tourna le dos. Il se pencha ensuite au dessus du chaudron de Bedwyr, qui avait appuyé négligemment sa tête dans le creux d'une de ses mains, une expression de profond ennui pend sur son visage rond.

- Monsieur Cuzon, connaissez-vous toutes les subtilités de la mise en bouteille de cette potion ?

Au sourire satisfait qu'arboraient l'élève et le professeur, tous deux savaient pertinemment que le jeune garçon détenait la réponse exacte.

- Oui, monsieur. Il faut utiliser une fiole en cristal de treize centimètre de haut très exactement, et la refermer avec un bouchon de liège gravé des initiales de la personne à laquelle la potion est destinée.

- Très bien. Encore 10 autres points pour serpentard. A présent, allez me chercher de quoi préparer trois de ces fioles, et montrez moi si vous connaissez autant la théorie que les gestes exacts.

- Mais monsieur … Quelles initiales dois-je graver ?

- Vous trouverez dans l'armoire à ingrédients des bouchons de liège déjà prêts, gravés K.H.P. C'est ceux-là que vous utiliserez.

- Bien, monsieur.

Bedwyr se leva sous les regards admiratifs de ses camarades, qui cherchèrent en vain dans leur livre d'où le petit garçon pouvait tirer ses informations. Il revint à sa place et appliqua consciencieusement le protocole. Le professeur s'était rassis sur son bureau et observait en silence le reste de la salle. Juste derrière Colin et Bedwyr, Léonie Grennglass et Octavius Persol discutaient à voix basse, mais suffisamment fort pour que les autres élèves alentours entendent tout ce qu'ils se disaient :

- Moi, je suis sûr que c'est Harry Potter, l'héritier de Serpentard.

- C'est pas possible, il est à Gryffondor.

- On sait jamais avec les générations, ça a pu décaler un peu.

- Silence ! Leur intima Rogue.

Le cours se termina dans le calme le plus total. Bedwyr apporta les trois fioles pleines à Rogue, qui accorda de nouveau 10 points à sa propre maison, tout en lui confiant la tâche de la livrer à Keera, l'effrayante petite fille, qui travaillait à cette heure-ci avec Hagrid. Bedwyr rattrapa Colin, tout excité, et lui fit part de sa dangereuse quête.

- Ouah ! Et tu crois qu'elle accepterait que je la prenne en photo ? Conclut Colin.

- Euh … Je sais pas, tu lui demandera ! Souria le petit serpentard.

Ils se mirent donc en route, suivit des yeux par des élèves étonnés de voir un gryffondor et un serpentard en si bon entente. Les jeunes sont si extravagants, de nos jours.

Ils traversèrent le parc à vive allure, en faisant des suppositions toutes aussi farfelues et dénuées d'intérêt les unes que les autres. Cela parlait de vampires suceurs de sang, de gardiens immortels, mais jamais ils n'évoquèrent la possibilité d'une simple maladie. C'aurait été trop simple, aussi !

Arrivés à quelques mètres de la cabane d'Hagrid, ils aperçurent Keera en train de discuter avec deux gryffondors plus âgés, que Colin identifia comme étant les deux grand frères jumeaux de Ginny Weasley. Ils s'approchèrent à grand pas et Bedwyr les héla :

- Ohé, Keera !

La jeune fille tourna vers eux des yeux gris brillants et fronça les sourcils. Les deux jumeaux répondirent au salut de Colin par un sourire malicieux.

- Euh … hésita Bedwyr, soudain mal assuré. Le professeur Rogue m'a demandé de … de te donner ça.

Il lui tendit la fiole remplie du liquide rosé, que Keera prit avec un petit sourire qui ressemblait plus à une grimace.

- Merci, Bedwyr.

- Bon, Keera, on te laisse, on a un cours qui commence dans cinq minutes ! Annonça Fred.

- On se retrouve devant la tapisserie du moine sourd ? Demanda George.

Elle répondit d'un hochement de tête affirmatif, puis reporta son attention sur la fiole. Elle fronça de nouveau les sourcils, puis regarda alternativement Bedwyr et Colin dans le fond des yeux.

- Ce n'est pas Rogue qui a fait cette potion.

- Euh … non. C'est moi. Mais …

Keera déboucha la fiole et fixa le contenu dans œil morne. Colin commençait à regretter amèrement d'avoir accompagné Bedwyr. Il pressentait qu'une chose terrible allait se produire. Le petit garçon se mit à jouer avec l'objectif de son appareil photo, persuadé qu'il ne pourrait pas s'en servir de sitôt.

- Je me disais aussi. Elle a l'air moins poisseuse que d'habitude, finit par déclarer Keera.

La jeune fille porta la fiole à ses lèvres et avala la potion d'un trait. Ses yeux, déjà brillants, commencèrent à foncer légèrement. Ses cheveux semblèrent soudainement plus souple, sa peau moins lisse et froide. Ses joues prirent une teinte rosée, et elle fit claquer sa langue contre son palais.

- Meilleure que celle du maître, conclut-elle avec un sourire.

Bedwyr ouvrit de grands yeux. L'effet d'euphorie … C'est vrai qu'il avait toujours pensé que la potion de Rasadée permettait simplement de rendre une fête un peu plus animée, mais il n'avait jamais pensé que cela pouvait rendre un semblant de vie à quelqu'un …

- Au fait, tu connais Colin ? Essaya Bedwyr, prit d'une soudaine inspiration.

Elle regarda le jeune gryffondor de ses yeux brillants et esquissa un sourire entendu.

- Non, mais j'ai bien l'impression que tu ne me donnes pas le choix.

Les deux garçons échangèrent un sourire entendu.



Partout, des bruits couraient sur un serpentard plus qu'étrange qui, en plus de s'être liée d'amitié avec un gryffondor – un admirateur de Potter, en plus. Non mais quelle honte ! - avait réussi à gagner l'amitié tant redoutée de Keera le zombie.

De plus, le père moldu de Colin put voir une image d'une extrême rareté : la photo animée de Keera, souriant gentiment à l'objectif. Un objet de collection avidement recherché par les spécialistes.

Mais comment pouvaient-ils se douter du danger qui planait sur eux ?

Tags associés : Chapitre, potion, rasadee

J'kaz !
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Dimanche 08 Août 2010Poster un commentaire

Assise seule sur le rebord d'une fenêtre, les jambes dans le vide et les yeux fixés sur la pleine lune, Keera fredonnait. Ce n'était pas vraiment une chanson joyeuse, ni même une chanson triste. C'était juste une chanson, une chanson qui se chante, une chanson qui occupe la langue un petit moment. Elle ne se souvenait pas où elle l'avait apprise, et elle n'avait jamais eu l'idée d'aller chercher ses origines. Elle la connaissait, et c'était tout.

Parfois, lorsqu'il lui prenait l'envie de la fredonner, elle était prise d'un étrange sentiment, presque une angoisse ; elle avait l'impression d'être enfermée dans un corps trop petit, et que ses yeux allaient lui sortir de la tête comme si son cerveau explosait de l'intérieur. Mais le plus souvent, elle se mettait simplement à pleurer, sans qu'elle sache vraiment pourquoi.

Elle baissa la tête en soupirant, laissant ses longs cheveux d'un blanc sale pendre devant son pâle visage. Ses lèvres remuèrent faiblement, laissant échapper le début de la chanson :

Qui, qu'on ait pu penser, espérer ou dire ?
Nous as fait encore aimer, et bien plus haïr ?
Ce sont, pâles et fragiles, nos mortels souvenirs
Qui dans un souffle se mêlent à nos noirs désirs.


Quelqu'un toqua à la porte de la salle vide dans laquelle elle s'était installée. Keera se retourna, manquant presque de tomber dans le vide – une chute de trente mètres, ce n'est pas vraiment ce qui convient dans ce genre de situation – et fila vers une pièce voisine. Elle avait envie d'être seule, et elle savait parfaitement qui était derrière la porte.

Elle poussa donc une autre porte, pour se retrouver – à son plus grand désespoir – nez à nez avec Fred Weasley.

- On t'as cherchée partout ! S'indigna t-il.

- Où t'étais passée ? Interrogea George, qui venait d'entrer par la porte qui menait au couloir.

- J'avais … juste … enfin … quelque chose a …

- Si tu voulais rester toute seule, il fallait le dire tout de suite !

- De telle heure à telle heure : solitude. Prévenez les frères Weasleys, il vous garantiront une absolue …

- Je voulais simplement me rappeler quelque chose, sourit-elle. Quelque chose que j'ai oublié …

Ils lui rendirent son sourire. C'était au moins la centième fois qu'elle leur répétait cela, sans se lasser, toujours avec le même désarroi lorsqu'ils lui reprochait de disparaître inopinément. Pourtant, ils ne cherchaient sa compagnie que depuis quelques jours à peine, même pas une semaine, et ils avaient fini par penser qu'elle passait son temps à réfléchir, toujours et encore. Mais il ne leur était jamais venu à l'esprit que leur compagnie put la déranger, aussi s'en donnaient-ils à cœur joie pour la sortir de sa torpeur dès qu'ils le pouvaient. Hors, cette fois-ci, ils avaient une excellente occasion, bien meilleure que les précédentes – surtout que celle qui avait consisté à faire le guet au troisième étage pendant qu'ils piégeaient une boite à délices, l'une des friandises préférées de Rusard, et que Peeves avait tout fait rater en en goûtant un. Un véritable carnage.

- Tu viens à la fête d'Halloween, ce soir ?

Elle jeta un regard surpris aux deux jumeaux, la bouche ouverte et les yeux élargis, sans vraiment donner l'impression d'avoir compris ce qu'ils lui avaient proposé.

- Tu ne savais pas qu'il y avait une fête ? Demanda Fred gentiment.

- Oh, si, si, se reprit t-elle. Bien sûr que si … C'est juste que … Peeves m'a dit que Nick-Quasi-Sans-Tête avait préparé un anniversaire de mort et … on devait coincer le Chevalier Fou, alors …

- On comprend, assura George, un sourire bienveillant sur les lèvres.

- Le Chevalier fou, s'est pas celui qui essaie de nous trancher la tête dès qu'on passe à un mètre de lui ?

- Je crois bien qu'il n'a jamais compris qu'il était mort, expliqua Keera. Il pense encore qu'il doit défendre sa « princesse » des éventuels vautours qui lui tourneraient autour.

- Il y a une princesse fantôme ? S'intéressa Fred.

- Dame Olga, un spectre encore plus transparent que les autres. Je ne la vois que la nuit, mais je pense que c'est plus à cause de sa couleur que de sa mauvaise volonté d'apparaître aux vivants. Elle est très laide, ajouta t-elle devant l'air pensif de George.

- Bon, et bien, on va te laisser, alors, sourit Fred.

- Oui, amuses-toi bien ! Ajouta George.

Elle les regarda s'éloigner dans le couloir, sur la pas de la porte, avant de revenir dans la pièce sombre et de refermer de nouveau la porte derrière elle. Ses yeux se fermèrent d'eux-même, et elle attrapa sa tête à deux mains. Une image fugace venait d'apparaître dans son esprit. Un simple geste. Un simple … Mais qu'étais-ce donc ?

- On y va ?

Elle sursauta. Peeves venait d'apparaître juste devant elle, son grand visage aux yeux noirs orné d'un sourire satisfait. Il était visiblement très heureux d'avoir réussi à la surprendre.

- Oh … euh … oui, nous y allons.



On ne pouvait pas passer de plus horrible soirée. Enfin, sauf si on est invité par un écureuil australien à manger du bison volant dans une hutte en crottes de babouin séchées, mais là, ça tournerait assez vite au scandale.

Enfin, pour en revenir à ladite fête, Peeves et Keera n'avait pas réussi à trouver le Chevalier fou – ils avaient tout juste aperçu Dame Olga, avant de la voir disparaître comme un panache de fumée parmi la foule des spectres. Ils avaient par contre vus Harry, Ron et Hermione, avec lesquels ils tinrent une discussion des plus rudimentaires :

- Mais c'est notre pote Potty ! S'était exclamé l'esprit frappeur, tout joyeux.

Ce à quoi avait répondu Ron - puisque Harry avait fait vœux de ne plus parler à Peeves jusqu'à ce que celui-ci cesse de l'appeler Potty, ce qui équivaut à une très, très, longue durée :

- Casse-toi, Peeves.

- Bonjour, Keera, s'était aussitôt empressée d'ajouter Hermione avec un sourire aimable.

Et, par un concours de circonstances absolument inintéressant à décrire ici, car tout le monde le connaît déjà, Peeves se retrouva à poursuivre Mimi Geignarde en lui lançant des cacahuètes moisies à la figure, tout en la traitant joyeusement de « Boutonneuse ! », suivi par Keera qui tentait vainement de lui dire qu'il y avait des tas d'autres fantômes beaucoup plus drôles à embêter dans la salle.

Ils se retrouvèrent donc tous les trois – le spectre éploré, l'esprit pété de rire, et l'humain déçu - à marcher dans les couloirs sans but précis, trop sur les nerfs pour dire quoi que ce soit. Finalement ce fut Keera qui rompit le silence :

- Je trouves quand même que cette fête manquait cruellement de nourriture.

- Il y avait des cacahuètes ! Répondit joyeusement Peeves, ce qui fit que Mimi ne put s'empêcher de repartir dans une abominable grise de gémissements.

- Non, ce que je voulais dire, c'est que je ne vois pas pourquoi Nick a invité quatre vivants alors qu'on ne pouvait pas manger. Enfin, je peux toujours aller aux cuisines chercher quelque chose, mais … ça m'étonnerai que les trois autres …

- Et après tout, qu'est-ce que ça change ? Sanglota Mimi. J'avais l'impression de participer à une fête à peu près normale jusqu'à … jusqu'à …

Le reste fut étouffé par un sanglot bruyant. Les trois promeneurs montèrent quelques marches – ou plutôt : Keera monta quelques marches, suivis des deux autres qui flottaient au dessus du sol, l'un glissant, l'autre mi-dansant, mi-voltigeant.

- Mimi, on arrive bientôt près de tes toilettes, annonça Keera.

- Ah bon ? Sursauta t-elle. Et puis qu'est-ce que vous faites encore là, d'ailleurs ? S'énerva t-elle soudain.

- On t'accompagne, répondit simplement la petite fille.

Peeves n'avait pas entendu, trop occupé à faire des voltes autour d'un lustre, en réfléchissant au meilleur meilleur moyen de le faire tomber avec le plus de bruit possible. Mimi avait l'air abasourdie, presque plus pâle que d'habitude.

- M'a … m'accompagner ? Parvint-elle enfin à articuler.

- Oui, affirma gentiment Keera. Tu préférais rentrer toute seule ?

- Oh non, s'empressa de répondre le fantôme. C'est très … gentil de ta part.

Elle venait d'apercevoir Peeves voltiger juste devant elles, et cette vision semblait lui avoir considérablement rabaissé le moral.

- Pourquoi tu restes toujours avec ce … « fantôme » ? demanda t-elle en mimant des guillemets avec ses petits doigts transparents. Tu es beaucoup trop gentille pour apprécier sa compagnie.

- Pas tant que ça …

Peeves avait à présent reporté son attention sur les chandeliers qui défilaient au long de leur marche et s'amusait à retirer la mèche des bougies, ce qui plongeait peu à peu le couloir dans l'obscurité.

- Tu ne t'amuses pas à insulter les gens, toi.

- C'est vrai.

Elles prirent un tournant, silencieuses. Elles approchaient enfin des toilettes de Mimi Geignarde, lorsque soudain, Keera se figea, les yeux grands ouverts. Mimi, qui avait traîné un peu, perdue dans ses pensées, lui passa au travers sans la voir et continua tout droit. Elle oublia complétement qu'elle était accompagnée, et retourna en gémissant dans son antre, sans voir ce qui avait ainsi paralysé la petite fille : sur le mur, en face, était inscrit en grosses lettres rouges luisantes :

LA CHAMBRE DES SECRETS A ETE OUVERTE.
ENNEMIS DE L'HERITIER, PRENEZ GARDE.

- Peeves ! Appela t-elle soudain, la voix tremblante. Il faut partir d'ici !

Il la regarda avec de grands yeux surpris, et se figea en voyant à son tour l'inscription sur le mur.

- C'est quoi ? Une farce ?

- Non, dit-elle en tendant un doigt tremblant. Regarde.

En dessous de l'inscription, pendue à une torchère, se trouvait Miss Teigne, pétrifiée, sa silhouette rigide se reflétant dans l'immense flaque d'eau qu'avait laissée Mimi avant de partir à la fête.

- Et ? Sourit Peeves, visiblement ravi de la situation dans laquelle se trouvait l'abominable chatte.

- Ce n'est pas drôle, Peeves ! Elle a été pétrifiée ! Nous devons partir d'ici, et vite !

- Pourquoi ?

- Je … Ils penseront tous que c'est moi qui ais fait ça. Ils ne voudront rien entendre.

- D'accord …

Il partit d'un pas traînant, ses pieds touchant presque le sol, derrière Keera qui avait déjà pris un autre couloir. La petite fille avait les yeux étrangement brillants et mobiles, oscillant de droite et de gauche chaque fois qu'ils passaient devant une porte.

Ils entendirent alors des pas de course, et tombèrent nez à nez avec trois jeunes élèves qui n'avaient pas vraiment leur place ici, et qui avait l'air presque aussi inquiet que la petite fille.

- Ah, vous revenez à la fête ? Demanda Harry, qui semblait le plus inquiet des trois.

- Non. Je voulais retourner me coucher, répondit Keera.

Harry fronça les sourcils. Il avait perçu la légère note d'inquiétude dans sa voix, même si elle avait repris l'air indifférent qui semblait désormais la caractériser. Peeves était reparti en ricanant, à la vue du Chevalier fou qui raccompagnait sa Dame Olga paisiblement, au fond du couloir.

- Tu n'aurais pas entendu une voix, par hasard ? Essaya le jeune gryffondor.

Elle lui lança un regard méfiant qui n'avait absolument rien à voir avec la surprise auquel s'attendaient les deux autres, car, Ron et Hermione, eux, n'avaient toujours rien compris.

- Tu devrais faire attention à ce que tu manges, Harry, surtout dans une fête fantôme. Il n'y avait personne dans les couloirs, hormis moi, avant que vous n'arriviez. Et je doute que ce soit ma voix que tu ais entendu. En plus, j'ai l'impression que Ron et Hermione n'ont pas entendu grand chose, ce soir.

Encore plus décontenancés qu'avant – « Comment la Keera Canni' connaît nos noms ? » - , ils la suivirent des yeux jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans un autre couloir. Ce qu'ils ne virent pas, bien sûr, c'est qu'elle s'était mise à courir dès qu'elle fut sûre qu'ils ne puissent plus la voir, et qu'elle jetaient des regards affolés, comme si quelqu'un cherchait à la rattraper ...

Tags associés : Chapitre, mortels

J'kaz !
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Au fond de la salle commune, Fred et George parlaient d'un air surexcité, jetant de temps à autre un coup d'œil aux autres élèves, comme s'ils quêtaient leur regards. Mais personne ne faisait vraiment attention à eux, car tout le monde parlait avec animation de la fête d'Halloween qui devait avoir lieu dans quelques jours, en partant par vagues successives prendre leur petit déjeuner.

Les deux jumeaux Weasley se glissèrent à leur tour par le trou que cachait la Grosse Dame, interpellèrent deux ou trois personnes, puis quittèrent le flot d'élèves qui se dirigeaient vers la Grande Salle, pour prendre un couloir peu fréquenté.

- À ton avis, on va le trouver où ? S'inquiéta George.

- Aucune idée, répondit Fred en scrutant le plafond, comme s'il espérait y voir quelque chose.

Ils parcoururent encore une bonne dizaine de couloirs, leur ventre protestant à grands bruits, puis ils s'arrêtèrent lorsqu'ils entendirent le caquètement caractéristique de Peeves et la voix rauque de Keera.

- Ça y est ! S'exclama triomphalement George.

Ils se précipitèrent à leur rencontre, un sourire éclairant leurs visages joyeux.

- Hey !

Keera se tourna brusquement vers eux, l'air encore plus pâle que d'habitude, les yeux alourdis par de grandes cernes brunes et ses cheveux blancs plus emmêlés qu'ils ne les avaient jamais vus. Peeves s'arrêta de tournoyer, la tête en bas, bras et jambes croisés, une moue réprobatrice sur le visage. Mais avant qu'il ait put leur lancer l'une de ses habituelles grossièretés, les jumeaux demandèrent d'une seule voix :

- Peeves, accepterais-tu d'être le membre d'honneur de notre club de farces magiques ?

Il exécuta une pirouette savante et se posta à quelques centimètres des deux gryffondors, l'air revêche.

- Et en quoi consiste votre CLUB ?

Les jumeaux ne s'y trompèrent pas : malgré le ton hostile qu'avait pris Peeves, il était honoré d'attirer soudainement l'attention sur lui autre que pour se faire réprimander.

- Et bien, commença Fred.

- Comme son nom l'indique, dans notre club … continua George.

- Nous organisons des farces magiques ! Compléta Fred gaiement.

L'esprit les fixa comme s'il doutait de ce qu'ils disaient. Ses petits yeux perçants brillaient d'une lueur amusée, tandis qu'il examinait d'un œil critique les deux Weasleys en leur tournant autour, flottant pesamment devant eux.

- Et bien, que diriez-vous de ça ? Ricana t-il soudain.

Il sortit deux petits ballons d'encre qu'il jeta sur les jumeaux en caquetant, puis il s'éloigna en renversant un vase qui rebondit avant de se transformer en porcelet. Keera regarda la bête s'éloigner en grognant bruyamment, se demandant sérieusement si elle avait raison de penser que son imagination lui jouait des tours.

- Et bien …

- Tu crois que ça veux dire non, George ?

- J'en ai bien peur, Fred.

- Mais alors …

- Il reste toujours Keera Canni' !

Elle leur jeta un regard profondément hostile, et esquissa un geste vers le couloir où Peeves avait fui. Mais les deux jumeaux avaient surgis chacun à un de ses côtés et la retenaient chacun par un bras.

- Tu ne voudrais pas rejoindre notre club ?

- A force de côtoyer Peeves, tu doit avoir une certaine expérience des farces …

- Et tu as acquis une certaine notoriété auprès des autres élèves !

Elle s'arrêta, les bras croisés sur sa poitrine, et planta ses yeux pâles dans ceux de George, à sa gauche. Ses pupilles transparentes lançaient des éclairs et il ne put réprimer un frisson, malgré son sourire assuré.

- Et qu'y gagnerais-je ? Railla t-elle.

Les deux jumeaux se regardèrent, déconcertés. Mais avant qu'ils aient pu avancer quoi que ce soit, elle se dégagea d'un geste brusque et s'éloigna en maugréant, ses pieds raclant le sol couvant à peine ses paroles :

- Non, vraiment, je préfère encore passer pour une folle que pour une bête de foire.

Peeves la rejoignit, flottant à quelques mètres au-dessus d'elle, et esquissa un tourbillon autour de la petite fille avant de l'attraper par les épaules et de la secouer comme un pruneau trop mûr.

- Secoue-toi, oh ! Je te signale que les classes du deuxième étage n'ont pas été saccagées depuis deux semaines ! Il faut se reprendre !

Elle acquiesça, un léger sourire aux lèvres, et partit à fond de train dans les escaliers, en poussant de temps à autre une armure qui s'écroulait avec un fracas épouvantable.




- Mademoiselle Keera ?

La petite fille se retourna, une bougie neuve à la main, stoppée dans son élan : elle s'apprêtait à la diminuer et à la ranger à la place des craies, juste parce que cela fait d'horrible traces sur les tableaux noirs et que ça fait hurler Rusard de rage et caqueter Peeves de joie. Celui qui l'avait appelée avait surgit dudit tableau qui allait subir sa farce dès le lendemain matin, flottant à quelques mètres du sol, ses pieds translucides flottant dans l'air. C'était Nick Quasi Sans Tête, le fantôme des Gryffondors.

- Qui y'a t-il ? Tressauta t-elle.

Sa voix faisait d'horribles petits gargouillements et allait de l'aigu au grave à toute vitesse. Elle plaqua sa main sur sa bouche, horrifiée, et Peeves la couva d'un regard protecteur, un sourire triste perché sur son visage long et fin.

- J'ai besoin de votre aide. A tous les deux, annonça le fantôme d'une voix grave.

- Oooh ! Un fantôme aurait donc besoin de l'aide des vivants ? Caqueta Peeves, soudain plus joyeux. Et que devrions-nous faire ?

- Et bien … ça ne devrait pas être très difficile pour vous, déclara Nick. Il suffirait de faire suffisamment de bruit au-dessus du bureau de Rusard pour qu'il s'en éloigne.

- Aaaah ! Au moins, ça, je sais faire ! Jubila l'esprit frappeur en claquant ses grandes mains l'une sur l'autre.

Il attrapa Keera, la jeta sur son dos et vola à l'horizontale, la petite fille agrippée à son cou, en hululant comme un hibou. Il traversa le mur sous les yeux horrifiés de Nick Quasi Sans Tête, qui soupira de soulagement en voyant qu'elle traversa aussi le mur sans s'écraser dessus.

Ils atterrirent dans un grand fracas, après plusieurs minutes de traversée mouvementée, roulant chacun d'un côté, Peeves bondissant à moitié vers une armoire richement sculpté. Keera se releva tant bien que mal en se tenant la tête, étourdie par sa chute.

- Et si on allait chercher les lutins ? Proposa Peeves avec un grand sourire.

Elle secoua la tête en claquant ses deux mains l'une contre l'autre avant de les renverser sur le côté ; elle était forcée de parler de nouveau avec des signes, sa voix lui faisant cruellement défaut.

- Oh … Déjà ? On aurait dut les garder plus longtemps, ça aurait été drôle … On a qu'à inverser les serrures ?

Elle plaqua trois doigts de sa main droite dans le creux de sa main gauche en secouant la tête.

- Ah oui … Trop long … Et si on lâchait un gros machin ?

Elle releva les yeux, et scruta la pièce. Il n'y avait en tout et pour tout qu'un seul meuble, et le meuble en question était une grosse armoire tout à fait capable de faire un boucan du diable en tombant de deux mètres, la hauteur maximale possible envisageable par rapport à la hauteur de la pièce. Les deux tapageurs échangèrent un regard perfide, et Peeves s'élança vers l'Armoire à disparaître, qu'il fit monter, monter … et lâcha avec un grand rire. Puis il attrapa Keera et s'enfuit en caquetant, sous les regards consternés des figures des tableaux.




Des pas résonnèrent dans le couloir, s'arrêtant brusquement, pour repartir à nouveau, à un rythme plus qu'irrégulier, pour finalement s'éteindre définitivement aux alentours de minuit, conclus pas un grand fracas qui résonna dans tout le premier étage. Mais nul ne l'entendit, pas même Rusard, qui faisait sa ronde aux septième étage, et était déjà bien trop occupé avec deux autres fauteurs de troubles …



- Professeur McGonagall ! Cette fois, nous ne pouvons pas fermer les yeux ! Cracha Rusard. Ils sont allé trop loin !

Les deux jumeaux firent semblant de regarder leurs pieds, un sourire en coin. Ils savaient qu'ils n'auraient jamais du entrer dans la pièce à retardement. Mais la tentation avait été trop forte, et ils avaient malencontreusement poussé la porte ornée d'une centaine de serrures rouges, et s'étaient fait pincer par le concierge avant même d'avoir pu jeter un coup d'œil à l'intérieur.

McGonagall se frotta les yeux avec la paume de ses mains, à moitié endormie. A vrai dire, elle avait trop souvent eu vent des aventures nocturnes de Fred et George Weasley pour vraiment s'en soucier.

- Laissez, Rusard, je m'en occupe, le congédia t-elle.

Il repartit en grommelant, sa chatte sur les talons, en jetant un regard noir aux deux jumeaux. Malheureusement pour lui, ils savaient dès lors qu'ils échapperaient à une punition digne de ce nom. McGonagall les regarda intensément, comme si elle essayait de lire en eux. Puis elle soupira, et déclara d'une voix lasse et blasée :

- Je suppose que je devrais vous punir pour avoir rôdé dans les couloirs en pleine nuit, mais …

Ils échangèrent un regard complice. Allaient t-ils échapper à une punition dûment méritée ?

- J'ai d'autre soucis, en ce moment, qui méritent d'être réglés.

Elle marqua une pause et se frotta de nouveaux les yeux. Elle n'avait visiblement pas eu le temps de dormir, et n'avait même pas prit le temps de se changer pour la nuit.

- A vrai dire, j'aurais bien besoin de votre aide à tous les deux.

Ils sursautèrent, incrédule. McGonagall, leur aide à eux ?

- Et que pouvons nous faire ? Demanda George, conciliant.

- C'est que nous ne sommes qu'en quatrième année, nous ne sommes pas des magiciens accomplis, ajouta Fred, sur un ton on ne peut plus sérieux.

- Connaissez-vous la petite fille qui rôde parfois dans les couloirs en compagnie de Peeves et qui se prénomme Keera ? Lâcha soudain le professeur de métamorphose, la mine inquiète.

- Oui, répondit George, un léger sourire aux lèvres.

- En effet, ajouta Fred, amusé à l'idée de ce qui s'était passé à peine quelques heures plus tôt.

- Et bien … commença McGonagall. C'est que … personne ne sait où elle est passée, pas même Peeves, et les fantômes ont commencé à faire le tour du château, mais si vous …

- On peut essayer, la coupa malicieusement Fred.

- On n'a qu'à essayer au deuxième, puis après on ira au premier, annonça George. Et si on ne l'a trouve pas là, on fouillera le septième étage, c'est là qu'on la voit, le plus souvent.

- Où dort-elle, d'habitude ? Demanda Fred, sur un ton d'enquête.

- Le professeur Dumbledore a déjà vérifié. Elle n'y est pas, ni dans aucun des couloirs qui y mènent.

Déçu de ne pas avoir réussi à extorquer cette information cruciale, Fred fit la moue, boudeur.

- Et bien, allez-y, acquiesça le professeur McGonagall.

Ils se dirigèrent prestement vers la porte de son bureau, mais, avant d'avoir pu poser la main sur la poignée, la sous-directrice les retint :

- Attendez ! J'oubliais : si vous la trouvez, ramenez la immédiatement à l'infirmerie, et n'hésitez pas à lui lancer un sort pour la neutraliser. Ne la laissez ni s'enfuir, ni vous faire de mal. Et si vous croisez Peeves, confiez-la lui. Plus vite madame Pomfresh l'aura entre les mains, mieux ça se passera. Compris ?

Inquiets, les jumeaux acquiescèrent. Que pouvait-il donc se passer qui fasse de Keera un être véritablement dangereux, alors qu'ils savaient très bien tout deux qu'elle était parfaitement inoffensive, tout comme Peeves ?

 

 

Fred et George parcoururent une bonne distance, appelant de temps à autre, les mains en porte-voix, la petite fille disparue.

- A ton avis, pourquoi McGo' nous a demandé de faire attention à elle ? Demanda soudainement Fred.

- Elle a peut-être peur qu'elle nous lâche des niffleurs, se moqua George.

- Ou alors qu'elle se transforme subitement en monstre assoiffé de sang, renchérit Fred.

- Si ça se trouve, on l'a tellement vexée, ce matin, qu'elle est partie se pendre.

- Dis pas ça. Elle a pas l'air très bien dans sa peau, mais je suis sûr qu'elle n'en arriverais pas là, frissonna Fred.

- Et pourquoi ?

- Ben, c'est évident, non ? Si elle aurait voulu le faire, elle se serait déjà jetée dans les crocs de …

Il s'interrompit, alors qu'ils montaient vers le deuxième étage.

- Quelque chose à bougé, là.

Instinctivement, ils avaient sortis leurs baguettes. Ils grimpèrent silencieusement les dernières marches qui leur restaient, et jetèrent des coups d'œil à droite et à gauche, tremblants d'excitation.

- Là ! Chuchota soudainement George.

En effet, Keera se tenait là, debout, leur tournant le dos. Ses bras pendaient lamentablement le long de son corps, et sa tête semblaient penchée vers l'arrière. Les deux jumeaux se concertèrent d'un regard, et s'approchèrent prudemment.

- Keera ? Appela Fred, lorsqu'ils ne furent plus qu'à un mètre.

Elle ne bougea pas. Ils firent encore un pas.

- Tu te souviens de nous ? Le professeur McGonagaal te cherche.

Toujours pas de réaction. Ils avancèrent encore.

- Tu veux bien nous suivre ? Continua Fred. On doit t'emmener à l'infirmerie.

Il arrivèrent enfin juste à côté d'elle. George déglutit, Fred plaqua sa main contre sa bouche.

Si auparavant, les yeux de Keera était si pâles qu'on n'en voyait qu'une pupille grise, à présent il n'y avait plus rien qu'un globe blanc exorbité, brillant et humide, aux paupières rougies. Sa bouche grand ouverte laissait couler un filer de bave déjà sec, et ses mains étaient recroquevillées devant elle, dans une posture de peur horrifiée. Sa lèvre inférieure tremblait.

- Keera ?

George tourna la tête dans la direction qu'elle lui semblait fixer, mais il ne vit rien. Le spectacle horrible qui se déroulait sous ses yeux n'appartenait qu'à elle.

Fred essaya de lui prendre le bras, pour la traîner jusqu'à l'infirmerie, de gré ou de force.

Mais à peine l'eut-il touchée qu'elle se mit à hurler, d'un cri déchirant à transpercer les tympans, qui partait de l'aigu au grave à une vitesse folle

- Partout ! Ils sont ! Partout !

Elle sortit brusquement une baguette anormalement longue et lança un sort au hasard, qui toucha Fred à l'épaule, arrachant un cri aux trois enfants. La petite fille s'écroula sur le sol, les bras repliés sous elle, en gémissant lamentablement.

- Je n'ai rien, déclara Fred en réponse au regard affolé de son frère.

Et alors que George s'approchait de Keera pour la relever, elle se jeta sur lui et lui mordit le mollet, avant de détaler à quatre patte vers une tapisserie proche.

- Stupéfix !

La petite fille s'immobilisa dans une position grotesque.

- McGo' nous as dit de pas nous laisser faire, déclara Fred en haussant les épaules devant le regard outré de George, qui n'avait heureusement pour lui absolument rien sentit des dents de la petite furie.

- On devrait se dépêcher de la transporter, rétorqua George. Elle nous as dit de faire vite.

- Ça tombe bien, l'infirmerie est à l'étage en dessous !

- Les voilà ! Caqueta une voix au-dessus d'eux.

Peeves surgit au dessus d'eux, un sourire satisfait posé sur son grand visage fin. Il s'arrêtait juste au-dessus d'eux, et ouvrit grand la bouche à la vue de la petite fille figé.

- QUE LUI EST-IL ARRIV… ? Gronda t-il brusquement. QU'EST CE QUE VOUS LUI AVEZ FAIT, ESPÈCES DE PETITS MORVEUX …

- Elle nous as attaqués ! Rugit Fred.

- On n'a fait que se défendre ! Renchérit George.

L'esprit ne répondit rien, et se glissa doucement vers le petit corps stupéfixé. Il l'attrapa dans ses grands bras et partit vers l'étage inférieur, en jetant un regard noir aux deux jumeaux.

- On rentre se coucher ? Proposa Fred.

- Tu penses vraiment ce que tu dis ?

- Non, en effet, sourit malicieusement Fred.

Ils partirent à la suite de Peeves, espérant sans doute surprendre deux ou trois informations qui les aideraient à comprendre enfin ce qui se passait …




- … mais pourquoi n'a t-elle pas bu sa potion ? maugréa Pomfresh

- Je la lui ai donnée en main propre, affirma Rogue.

- Elle a sûrement pensé que cette potion la privait de ses propres moyens …

- Impossible, Minerva. Quelqu'un a dut l'en dissuader, affirma Dumbledore.

- Encore une fois comme celle-ci, et on la perdra ! Caqueta Peeves.

- Devons-nous essayer de contacter sa tante, Albus ?

- Je ne crois pas. Elles sont bien mieux éloignées l'une de l'autre. De plus, je doute fort qu'elle accepte de faire le déplacement juste parce que sa nièce a fait un « malaise ».

- Mais ce n'est pas du tout un malaise ! Tempêta Pomfresh.

- Bien sûr, bien sûr, Pompom. Mais c'est que dira mademoiselle Hopper.

- Elle n'a jamais apprécié sa sœur, n'est-ce pas ?

- Non, en effet. Elle a été d'ailleurs tellement ravie d'apprendre sa mort qu'elle est venue vêtue de jaune à son enterrement.

Ils entendirent Rogue grommeler. Comme ils n'avaient absolument rien compris à la fin de la conversation, ils optèrent pour la fuite rapide, version ninja. Mais c'était sans compter Rogue, qui choisit ce moment précis pour ouvrir violemment la porte, un sourire sarcastique sur les lèvres.

- Tiens, tiens, les Weasleys … Je m'en doutais un peu …

- Severus, laissez les entrer, intima McGonagall. C'est moi qui leur ais demandés de nous aider à la retrouver.

- Je préfères ne pas vous demander comment vous en avez été amenée à ce point-là, Minerva.

Elle lui lança un regard noir, et se tourna vers les deux jumeaux.

- Que faisiez-vous derrière cette porte ? Pourquoi n'êtes-vous pas directement remontés dans vos dortoirs ?

- Et bien, on pensait …

- Qu'on pourrait peut-être savoir ce qui a mis Keera dans cet état ?

- Je crois que ce ne sera malheureusement pas possible, annonça Dumbledore, un sourire aux lèvres, coupant McGonagall dans son élan. Les problèmes de cette petite fille sont trop complexes pour être expliqués à des jeunes gens comme vous. Peut-être qu'un jour, vous en saurez plus. Mais pour le moment, contentez-vous d'être heureux qu'elle aille mieux.

Ils aperçurent en effet la petite fille, qui était jusqu'alors cachée par l'imposante stature du directeur, allongée sur un lit aux draps blancs, la respiration calme et lente. Elle avait même repris une teinte à peu près normale pour un être humain, quoique légèrement pâle.

- Mais par contre, si les intérêts de mademoiselle Peeker vous tiennent à cœur, ajouta t-il avec un sourire malicieux, vous pouvez rester avec elle cette nuit, au cas où elle aurait besoin d'aide lorsqu'elle se réveillera.

Les jumeaux n'eurent même pas le temps d'acquiescer que déjà, les trois professeurs s'en allèrent, en souhaitant bonne nuit à madame Pomfresh, et en intimant à Peeves l'ordre d'aller semer le désordre ailleurs, ce qu'il fit de mauvaise grâce, en jetant un regard déçu à la petite fille endormie.

- Si elle se plaint de douleurs au crâne, vous lui donnerez ça, leur dit l'infirmière en leur tendant une bouteille mauve, qui portait l'étiquette : « Sirop Tapdur, contre tous les marteaux qui vous fracassent le crâne ! ».

Elle partit à son tour en baillant, laissant deux jumeaux abasourdis seuls dans l'infirmerie.

- Et il ne leur ai pas venu à l'idée qu'on avait envie de dormir ? Grommela Fred en se lassant tomber sur un lit vide.

- On a fait une connerie, on paye jusqu'au bout, répondit George, en s'asseyant à côté de son frère.

- Connerie, connerie … On a même pas put entrer dans la pièce à retardement, je te signale.

- Et si on y allait maintenant ?

Ils échangèrent un sourire goguenard, et tapèrent leurs mains l'une contre l'autre.

- Je vous ais entendus, maugréa une petite voix rauque derrière eux.

Ils se redressèrent, manquant de se cogner l'un contre l'autre, et purent constater que Keera était parfaitement réveillée, assise sur le lit.

- Je ne vous laisserai pas aller là-bas. Donnes-moi la potion, ajouta t-elle hâtivement.

Fred lui tendit la bouteille mauve, qu'elle but d'un trait, puis la posa brutalement sur la tablette à côté d'elle.

- Et comment comptes-tu nous en empêcher ? rétorqua George, remis de sa surprise.

- C'est vrai que dans ton état, tu ne dois pas pouvoir faire grand chose, ajouta Fred.

Il n'était pas vraiment sûr de ce qu'il avançait, mais rien ne l'empêchait d'essayer. Et puis, après tout, elle avait but la potion en entier, ils n'avaient plus aucune raison de rester, non ?

- Ne croyez pas ça. Avec la potion qu'ils m'ont refilée, je pourrais faire le tour du parc à poil en courant que je ne reviendrais ni essoufflée, ni frigorifiée, rétorqua t-elle.

- Et pourquoi tu ne voudrais pas qu'on y aille ?
- Ce n'est pas pour rien que cette pièce est interdite, grommela t-elle en passant ses jambes hors du lit.

- Mais justement, c'est ça qui est drôle ! Répliqua George, un grand sourire aux lèvres.

Elle lui jeta un regard noir.

- Drôle ? Tu trouverais ça drôle si en entrant tu avais quatorze ans, et en ressortant soixante ? Sans être vraiment sûr que le temps soit passé ? Sans vraiment savoir si tu as manqué aux autres, qui t'auront tous oublié ? Tu n'as pas cherché à savoir pourquoi cette pièce s'appelait la pièce à retardement ?

- Non, avouèrent-ils tous les deux.

- Mais nous, nous pouvons vaincre le pouvoir de la pièce ! Affirma Fred.

- Oui, nous sommes des magiciens accomplis, ajouta George, ragaillardi.

- J'ai vu Mafalda Hopkins entrer dans cette pièce et n'en jamais ressortir. Peeves est entré dedans pour savoir ce qui c'était passé, et il a trouvé un cadavre de fœtus gisant sur le sol. Même lui a trouvé ça dégoutant. Et Mafalda avait reçu un Ordre de Merlin. Donc ce n'est pas deux gosses comme vous qui allez braver les dangers de cette pièce.

Ils déglutirent en pensant à ce à quoi ils avaient échappés.

- Et … euh … il y a d'autres pièces comme ça, dans le château ? Risqua Fred.

- Je ne suis pas sûr, mais on m'a parlé d'un étage fantôme, entre le deuxième et le troisième. Tu montes innocemment les marches, bien vivant, et là .. pouf ! Tu trouves un nouvel étage, et quand tu redescend, tu vois ton propre cadavre en bas des marches, et tu t'aperçois que t'es mort.

Les deux jumeaux se regardèrent, paniqués. Mais Keera se mit à rire, et ils la dévisagèrent, persuadés qu'elle était devenu complétement folle. L'infirmière se serait-elle trompée de potion ?

- Vous auriez vu vos tronches ! Ria t-elle. Cet étage n'existe pas, bien sûr. Mais par contre, l'histoire de la pièce à retardement, elle, elle est bien vraie, malheureusement, ajouta t-elle en soupirant. En même temps, si vous suiviez un peu les règlements …

Ils se promirent intérieurement qu'à l'avenir, ils se renseigneraient un maximum sur le contenu d'une pièce avant de le découvrir par eux-mêmes.

- Bon, vous pouvez aller vous coucher, je n'aurais pas besoin de vous, annonça t-elle dans un sourire maladroit.

Elle se leva et sortit, la mine réjouie. Les jumeaux l'imitèrent, muets comme des carpes. Ils avaient vraiment de plus en plus de mal à comprendre cette petite fille ...

Tags associés : Chapitre, farces, magiques, potion, perdue

J'kaz !
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Jeudi 06 Mai 2010Poster un commentaire

 

BEDWYR CUZON

 

Nom : Cuzon (nom de famille celte)

Prénom : Bedwyr (prénom gallois)

Âge (par rapport à Harry) : 1 an de moins (même anée que Ginny et Colin)

Date de naissance : Inconnu, mais on peut supposer 1981 (voir l'encyclopédie Harry Potter pour définition des dates)

Maison : Serpentard

Dortoir : Serpentard

Couleur des yeux : Inconnu

Couleur des cheveux : Blond

Matière préférée : Inconnue

Particularités magiques : Inconnue

Ascendance : Inconnue, mais on peut supposer sang-pur, puisqu'il est à Serpentard

Forme de patronus : Inconnue

Forme d'épouvantard : Inconnue

Sort préféré : Inconnu

Miroir du Rised : Inconnu

Familiers : Un puffskein vieillissant vert foncé (2.2)

Meilleurs Amis : Inconnus, mais on sait qu'il s'entend bien avec les gryffondors, même s'il est à serpentard

 

 

Tags associés : Bedwyr, cuzon

J'kaz !
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Samedi 01 Mai 2010Poster un commentaire

Voici la liste des chapitres du tome 2 déjà publiés, et aussi ceux prévus, avec une petite description pour chacun d'eux :

 

Prélude : La Cérémonie des points (2.1)

Où l'on évoque la Potion de Rasadée, le temps que Keera a déjà passé dans l'école Poudlard, et aussi l'endroit où elle habite ...

Chapitre 1 : Bedwyr Cuzon (2.2)

Où l'on voit apparaître un nouveau personnage, et où l'on voit que Keera n'est pas franchement si méchante ...

Chapitre 2 : Le défi du Podboue (2.3)

Où Nevile sert à quelque chose, et où Drago se fait allègrement torturer. Où l'on peut supposer que Keera connaît tous les mots de passe, aussi.

Chapitre 3 : Farces magiques et Potion perdue (2.4)

Où Keera est introuvable ...

Chapitre 4 : Mortels souvenirs (2.5)

Où Miss Teigne est pétrifiée.

Chapitre 5 : La potion de rasadée (2.6)

Où Bedwyr sait autant de choses que le maître des potions.

 

(Les personnages qui prendront une certaine importance dans les prochains chapitres : Théodore Nott, Mimi Geignarde, Ginny Weasley ... )

Tags associés : Somre, tome

J'kaz !
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Samedi 01 Mai 2010Poster un commentaire
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